1. Dramatisation mode d’emploi
Osez les traitements inattendus, par exemple en nocturne, en dessinant en négatif sur un papier sombre. Mettez vos sujets en scène : choisissez un point de vue en contre-plongée, introduisez un premier plan très fort. Accentuez les reliefs de vos centres d’intérêts par des empâtements importants, ou une densité de pigments élevée si vous travaillez avec des médiums secs.
Soulignez les contours des sujets par une ligne foncée, saturez et assombrissez leurs couleurs. Renforcez tous les contrastes.
2. Travailler en clair-obscur
Quel que soit le nombre de couleurs impliquées, le contraste naît de l’opposition entre tons clairs et foncés. Plus l’opposition entre fond et sujet est radicale, plus ce dernier gagne en relief et s’impose dans une composition résolument théâtrale.
Dans une scène globalement sombre, un sujet très éclairé, presque baigné d’une lumière surnaturelle, attire le regard : c’est l’essence du clair-obscur tel que l’a défini Rembrandt. Dans l’aquarelle de Matthias Braun, ci-contre : l’écume et la partie claire du ciel, traitées grâce à la technique de la réserve (le papier est laissé apparent).
Vous pouvez rechercher l’effet inverse en assombrissant fortement vos sujets pour exalter la richesse et la luminosité de l’arrière-plan. Dans l’œuvre de Matthias Braun, ci-contre : la masse nuageuse ou les vagues. Travaillez finement les nuances intermédiaires, car contraste ne signifie pas rupture. Dans l’œuvre de Mathias Braun : le vert de la mer se décline en plusieurs tonalités. Sur la première couche de vert assez diluée, il a ajouté des pointes de couleur moins diluées. Pensez à atténuer la densité des couleurs et la force de leurs oppositions à mesure que vous vous rapprochez de l’horizon.
3. Animer le ciel
Créez une gamme tonale en accord avec la luminosité ambiante : du rose au bleu à l’aube, du gris au violacé par mauvais temps, etc. Définissez le maximum de tons intermédiaires. Harmonisez les nuages : blanc à gris sur un ciel bleu, virant sur le pourpre pour un coucher de soleil, etc. Dans un paysage dramatique ne recherchant pas forcément le réalisme, osez des teintes imaginaires, contrastant violemment avec le ciel.
Travaillez les volumes : par des empâtements et des ombrages, mais aussi en réservant les teintes claires à la face exposée à la lumière (derrière un nuage, il y a toujours le soleil !).
4. Faire vivre l’eau
Au-delà de son traitement (sens du tracé, couleur, transparence…), efforcez-vous de la mettre en scène : cascade jaillissante, vagues écumantes se brisant sur des rochers, etc. La définition des reflets des bateaux et constructions est un excellent indicateur : une mer d’huile impose une grande netteté. À l’inverse, quelques taches imprécises suggèrent l’agitation. Positionnez vos sujets en conséquence : sur une mer démontée, les voiliers avancent cabrés !
5. Donner un souffle de vent
Blés couchés, branches à la trajectoire contrariée… Les végétaux vibrent sous l’influence du vent.
Jouez sur l’inclinaison des tiges, privilégiez le travail en oblique… et transformez de banals pâturages en éléments graphiques, susceptibles de favoriser le cheminement visuel jusqu’à vos centres d’intérêt
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Le paysage : créer une atmosphère
Sérénité du petit matin, irréalité d'un décor brumeux, théâtralité d'une scène d'orage... Un paysage dont on se souvient se caractérise d'abord par une atmosphère identifiable. À savoi...
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À savoir
Par temps ensoleillé, la limpidité du ciel tranche avec les couleurs vives des sujets. Préférez les éclairages intermédiaires (milieu de matinée ou d’après-midi), définissez des ombres douces et de légers contrastes. Réservez la lumière de midi, forte et écrasante, aux sujets qui le méritent : façades blanches sur mer azur, par exemple. Pour dramatiser une scène, recherchez les luminosités extrêmes (coucher de soleil, tempête) et accentuez au maximum les contrastes, jusqu’au clair-obscur.
À savoir
Plus le ciel ou la mer seront animés, plus ils s’imposeront au détriment des autres centres d’intérêt. À l’inverse, une mer d’huile ou une paisible prairie doit être contrariée par des sujets forts, au risque de voir votre œuvre paraître fade. Accordez aux éléments naturels l’importance qu’ils méritent : inutile de prévoir deux tiers de ciel s’il ne s’y passe rien !